L’homme de sable

Using Imageworks' proprietary Sandstorm software and their own lighting program, Katana, the final image is lit and sand particles are added to integrate the digital character into a photographic plate.

Il se croit roc, il est de sable

Fluide, éparpillé, malléable.

Il est enfant impressionnable

Dans un corps de géant, instable.

Il marche au gré de ses déserts,

Parsemant sa folie en grain

Sur le sol sec et délétère

Qu’il engendre sur son chemin.

Perdu dans cette immensité

Conviant sans cesse au virtuel,

Il se sent seul, abandonné

Et son être tari craquelle.

Les yeux ladres, levés sur un ciel

Pourvu de fantasques mirages,

Il a oublié l’essentiel

Et s’est caché dans une cage.

Il ne peut même plus pleurer

La solitude qui l’étreint ;

Ses larmes se sont asséchées

Quand il a souillé ses desseins.

Il pense savoir regarder

Mais il garde bien ses œillères,

Pour éviter de remarquer

Que son âme est déjà poussière.

A.Braguer (9 – 13 novembre 2016)

 

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Octobre s’en est enfui

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Octobre s’en est enfui

En dernier soupir de pluie

Invitant les chagrins à se taire

Dans mon pays imaginaire

*

Novembre ranime l’espoir

De lunes d’or dans mes nuits noires

Et de cris de joie dans le vent

Rendant l’automne plus pimpant

*

Ma poésie se fait couleur d’ambre

Jusqu’aux lentes heures de décembre

Et suspend les instants émigrants

Avant leur grand saut dans le néant

*

Octobre s’en est enfui

En dernier soupir de pluie

Echangeant larmes et tristesse

Contre la chaleur de tes caresses.

A. B. (03-04/11)

 

 

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Ecume de nuit

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Dans mes océans d’insomnies

Mon cœur dit vague

Mon esprit se déf-houle

Mes pensées s’écument de doutes

Et les rêves d’ouragans se remettent à flot

*

Je mets les voiles sur l’amer déchaîné

*

En songe, tu t’amarres à mon port

Ancres tes désirs au creux de mon être

Des lames de fond qui perturbent l’onde sage

La tête dans le vent qui tourne

Je ne sais plus qui est le maître à bord

*

Et j’écope ma peine dans le roulis de mes nuits

*

 

Audrey B.

 

 

 

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Petite fille de pierre

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Petite fille de pierre, figée dans le temps par la peine

Tu pleures des larmes de cristal qui s’évaporent dans l’air sec de l’indifférence

Allongée sur l’herbe humide, tu ne sens pas le froid qui te gagne

tu ne sens plus rien d’ailleurs

La vie n’est qu’ombre sur la forêt de tes sentiments

On t’a appris à être une petite fille sage, sans colère ni passion

te laissant baigner dans la peur des nuits cauchemars

L’on s’étonne pourtant que tu gardes l’amour au creux de toi

juste pour toi. Egoïste !

Comment partager ce que l’on a si peu

comment partager l’unique rubis

caché tout au fond de son coffret palpitant.

*

Petite fille de pierre, figée dans l’espace par le doute

tu t’endors une fois de plus en te posant des questions

L’amour flotte autour de toi sans te toucher

parce que tu ne sais pas comment l’accueillir

Peut-être qu’un jour, tu réapprendras tout

Peut-être qu’un jour tu sauras que l’on t’aime aussi

pour de vrai

que l’on cassera cette couche de marbre gelé

que l’on te tendra la main pour t’aider à te relever

et que l’on te tournera la tête vers le soleil

juste pour que tu saches à quel point la lumière est douce

et simple à regarder

*

Petite fille de pierre, endors-toi

moi je t’aime

Ce rubis, je le partagerai avec toi

et je casserai cette couche de marbre…

 

  1. B. (27/092016)

 

Photo de statue d’ange au cimetière de Lakeview (Cleveland)

 

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Les liens du sans

oiseau et coeur

Dans leur mémoire, le nid est vide et froid

Et petits oisillons, orphelins d’amour,

Sont bien blottis les uns contre les autres

Pour se fabriquer un peu de chaleur.

*

Aujourd’hui, les oiseaux ont pris leur envol

Depuis longtemps, forcés de grandir vite

Pour combler ce vide, sinistre fardeau

Porté sur leur cœur meurtri par le manque.

*

Ils ont tracé, seuls, une feuille de route

En sens contraire de ce qu’ils connaissent,

De ce qu’on leur a appris par paresse,

Sachant l’amour à construire à l’instinct.

*

Ils rient leur vie en éclat de bonheur

Pour couvrir leur peine, marquée au fer rouge,

Ont roulé la douleur de l’indifférence

Dans la poussière des souvenirs gris.

*

Pour les oiselets qu’ils ont à leur tour,

Ils parsèment le ciel d’étoiles d’or

(Absentes dans le miroir de leur enfance)

Pour en savourer le reflet dans leurs yeux.

*

Ils rient leur vie en éclat de bonheur,

Bien blottis les uns contre les autres

Et sachant l’amour à construire à l’instinct,

Unis pour toujours par les liens du sans.

*

A.Braguer (28/08-07/09/16)

 

 

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Mama flamenca

flamenco

Mama flamenca

*

Elle claque sec des castagnettes et du pied

En falsetas qu’elle accompagne de pudeur,

Ecrase chaque jour sa peine avec fureur

Martelant le sol d’escobillas endiablées.

*

Pour conjurer la douleur de ses blessures,

Elle danse sa vie sur le parquet acajou

Et la voix afillà du chanteur andalou

Qui semble s’apitoyer sur ses fêlures.

*

Elle ne sourit pas sur scène, Mama flamenca

Mais effleure les aficionados de son âme

Et du peu de passion qui anime encore sa flamme ;

Leur offre ce qu’il reste d’elle : una bailora.

*

Ses rares sourires sont gardés à l’intérieur,

Comme un trésor qu’elle déverse au compte-goutte

Sur ses souvenirs, ces quelques fleurs en déroute

Qui parsèment la surface de son cœur.

 

A. Braguer (05-10/06/2016)

 

 

Aficionado: Utilisé uniquement pour le flamenco. Amateur, passionné

Afillá: Adjectif qualifiant la voix de certains chanteurs. Provient de El Filo, qui chantait avec une voix cassée. Expression propre au chant gitan.

Bailaor(a) Danseur ou danseuse de flamenco

 

Escobilla : série de talons-pointes qui dure longtemps.

 

Falseta : accord parfait avec la guitare

 

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Le monde de Boulette

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Me voilà dans de beaux draps ! Comment vous dire qu’aujourd’hui je vis une situation complexe et que ma vie ne sera plus jamais pareille ?

Comment expliquer que nous n’avons pas réellement conscience de tout ce qui nous entoure et que tout peut être possible ?

Il faut pour cela que je vous raconte ce qui m’est arrivé.

J’aime écrire, c’est ce qui tient mon cœur encore en vie quand il ne supporte plus ce qu’il entend ou voit, quand il se sent bien seul. Je lui invente des mondes où il peut jouer avec les mots, où il peut tout réinventer, se confier, rire et pleurer à volonté.

Pourtant, la vie m’empêche parfois de lui accorder ce temps et il finit par se taire, se faire oublier…et là, c’est moi qui en souffre.

Si je vous raconte cela, c’est parce qu’il y a quelque temps, je manquais cruellement de temps pour soulager mon palpitant créatif.

Il faut dire qu’à ce moment, ma vie était une véritable tornade et ne me laissait peu de temps à la méditation voyaginative. Que du réel et du concret ! Infernal ! Irrespirable !

Bref, je pris mon courage à deux mains et la décision de tout laisser en plan : les taches qui m’étaient incombées et les idées noires que je m’imposais… J’avais presque sifflé mes deux filles sous le coup de ce lâcher prise surprenant :

– On prend les vélos et on va se balader en forêt les loupiotes !

Peut-être que d’être entourée d’arbres et de nature, l’inspiration allait réapparaître comme par magie.

Alors nous y étions, « Je m’baladais sur l’Avenue, le cœur ouvert à l’inconnu… », heu non, ça ça avait déjà été écrit.

Bon des avenues en pleine forêt, c’est possible, j’en ai déjà vue. Je m’égare.

C’est tout moi, je pense à une idée toute simple comme une recette pour le soir et me retrouve à me demander  combien de temps dure l’hiver en Alaska…

– « Est-ce que je connais une célébrité qui vient d’Alaska ? »… Je m’égare, encore.

Je reviens à mon histoire. Donc, nous marchions sur une avenue forestière, une petite rivière furetait sur notre droite, légère et chuintante. Je souriais car le bruit des voitures et de la ville ne semblaient plus qu’un murmure. On ne se rend pas compte, tant que l’on n’y est pas, que la nature a à vous offrir ce qu’il y a de plus beau en ce monde : la paix et une certaine communion avec vous-même.

Je marchais en oubliant tout, enfin presque – comment oublier complètement ce qui accapare votre tête indéfiniment.

Le rire des filles sur leurs vélos était une musique douce. Les oiseaux se répondaient dans les arbres.

– Maman, maman, Viens voir ! cria subitement Kathryn, perçant ce silence ressourçant.

Je la vis ramasser quelque chose qui reluisait sensiblement.

– Lâche ça tout de suite, je t’ai déjà dit de ne pas ramasser tout ce que tu trouves par terre ! lui sommai-je.

Je m’approchai plus près  devant ce que je qualifierais de sphère. Je la pris délicatement des mains de Kathryn, c’était une chose curieuse. Elle donnait l’impression d’être vivante. Elle était légère, certains endroits étaient faits dans un matériau dur comme du fer ou de l’acier et certains autres, mou et tiède comme de la peau. Il y avait en plus comme de minuscules hublots par lesquelles sortait une lumière intense.

– Je le veux, je le veux ! cria Elisabeth.

– Non, c’est moi qui l’ai trouvé ! surenchérit Kathryn.

– Du calme les filles, cela ne sert à rien de vous disputer, de toute façon, je ne sais pas ce que c’est. Il est hors de question de vous le laisser. Je vais le rapporter à la maison et on regardera ça là –bas.

Je le plaçai dans mon sac à dos, priant pour que ce ne soit pas une bombe où autre engin de la sorte.

Les filles râlaient et voulaient rentrer tout de suite. J’insistai pour que l’on termine notre balade. Pour une fois que je me sentais bien.

Dans mon sac, j’avais l’impression que la chose bougeait. Il me semblait même entendre de petits gémissements. Je prenais sur moi pour ne pas jeter mon sac à dos au sol et fuir en courant à toute jambes.

Arrivées à la maison, les filles n’y tenaient plus. Elles avaient jeté leur vélo près du garage, trop pressées pour les ranger.

Nous avons placé la boule sur la table et nous sommes assises autour.

Rien.

La sphère continuait de briller à certains endroits d’une lumière jaune, presque or.

Je laissais les filles le toucher mais je ne voulais pas qu’elles jouent avec.

Nous avons passé la soirée avec Boulette – c’est ainsi que les filles la nommaient- qui continuait à bouger perceptiblement et soupirer de temps en temps.

Nous sommes allées nous coucher. Je mis un moment à m’endormir. Normal. Un TNI – Truc Non Identifié – et peut-être dangereux trônait au milieu de la table de mon salon.

Sombrant dans les méandres du sommeil, je vis en flash quelques images de guerres, d’explosions, d’un ciel jaune pourvu de trois lunes.

Mon rêve arriva et même plongée dans les bras de Morphée, je savais qu’il avait un rapport avec Boulette.

Quelque chose me disait que je ne devais pas avoir peur et que j’aurais la réponse à mes questions.

Mes filles étaient à côté de moi, leur petite main dans les miennes.

Nous marchions sur un sol étonnamment mou, entre le sable et le ballon de baudruche.

Le ciel était limpide et jaune sombre. Trois énormes lunes formaient un triangle dans le ciel.

– Où sommes-nous maman ? me demanda ma grande.

La petite se tenait maintenant à ma jambe, le nez en l’air. Elle si peureuse d’habitude, curieusement, affichait un sourire émerveillé.

– Je ne sais pas mon cœur, leur ai-je répondu la voix peu assurée.

Nous avons marché jusqu’à atteindre un sol dur. A ce moment là, de minuscules loupiotes ressemblant à des vers luisants s’approchèrent de nous et semblaient danser.

….

Une partie de la petite troupe lumineuse nous encercla et l’autre traça au sol deux lignes parallèles. On aurait dit une piste d’atterrissage allumée prête à accueillir un vol long courrier. Il était évident que c’était le chemin à suivre.

Même si je savais qu’il s’agissait d’un rêve, je ressentais une certaine appréhension dans tout ce que je voyais et ce qui allait arrivé car au fond de moi, je savais que ce monde existait quelque part. C’était le monde de « Boulette », et elle nous en faisait une projection subliminale.

Visiblement, elle tenait à ce que nous découvrions quelque chose car aucune de nous ne se réveillait. J’espérais seulement que nous n’avions pas réellement voyager hors du temps ou de l’espace. Cela m’angoissait.

Nous avons suivi le chemin pendant quelques minutes avant d’apercevoir au loin une espèce de porte, ou plutôt un arc de triomphe. Seul, au beau milieu de rien.

Etonnamment, les filles se taisaient. Aucune question, elles qui en posent mille à l’heure en temps normal. Il faut dire que l’atmosphère solennelle du lieu imposait le silence.

En approchant de plus près, l’arc était de petite taille, de celle d’une grande porte. Les petites bêtes se dirigèrent vers elle et disparaissaient en la traversant.

Un passage. Mais un passage vers quoi ?

Je pris Elisabeth dans mes bras, regardai Kathryn et la rapprochai de moi. Après tout, ce n’était qu’un rêve, nous ne risquions rien, enfin…je l’espérais. Nous avons traversé, les yeux fermés.

Quand je les rouvris, une gigantesque ville était devant nous, à quelques centaines de mètres. Une ville de cristal avec ce qui ressemblait à des papillons lumineux allant de-ci de-là.

Les habitants, sûrement.

De grandes bâtisses en pointe, des tramways suspendus ressemblant à des serpents de verre filant à une vitesse folle, des plates-formes sans aucune aspérité, pures.

Le tout était magnifique et charmant à voir. Ce n’était que lumières et transparences.

– Wow, s’exclamaient en chœur les filles à chaque regard posé sur les différentes structures.

Les vers se dirigeaient vers la cité. Il devait s’agir de la progéniture.

Nous les suivions, à la fois émerveillées et prudentes.

En arrivant aux abords de la ville, je me rendis compte que les papillons semblaient agités et allaient d’un endroit à l’autre, les mains remplies de vers. Ils ne remarquaient même pas notre présence.

Mais l’un d’eux sortit de la plus haute tour. Il était bien plus grand et lumineux que les autres. Le double de ma taille.

Il s’approcha de nous. De si près, je remarquais qu’hormis les ailes, il n’avait rien d’un papillon. Il avait une apparence presque humaine, un corps très fin, dépourvu d’aspect extérieur. Des bras, des jambes, un tronc et une tête avec des yeux ronds, noirs et grands comme des pommes. Il était nu mais rien ne laissait dévoiler un mâle ou une femelle. Il était parfaitement épuré. On aurait dit un ange de verre avec des ailes dont les nervures irradiaient.

Il nous regardait et se retourna en ouvrant grand un bras comme pour signifier : « Voilà mon monde. » Puis il pointa le doigt vers le ciel. En relevant la tête, je remarquai une énorme boule de feu approcher. Rien à voir avec une météorite. La boule arrivait plus lentement. Je n’arrivais pas à m’expliquer ce dont il s’agissait précisément mais je sentais que cette boule voulait du mal à ce peuple et qu’elle se dirigeait précisément sur la ville.

Elle détruirait aussi cette planète.

Les filles se mirent à crier et pleurer et se pressèrent contre moi.

L’homme papillon les regarda, leur toucha la tête d’un doigt qui s’illumina et elles se calmèrent sur le champ.

Puis il pointa son doigt vers un bâtiment gigantesque en forme de dôme qui grouillait de papillon, ce qui rendait le lieu difficile à regarder.

Le dôme était ouvert et possédait une rampe de lancement qui expulsait à intervalle régulier de petites sphères.

Alors, je compris tout.

L’homme papillon se tourna vers moi et il me sembla que des larmes coulèrent le long de son visage.

Il me tendit sa main. Je la pris. Nous sommes restés un moment ainsi et je sentais à quel point, il était triste, bon et généreux. Il me demandait de prendre soin de la progéniture.

J’ai senti ensuite une sensation de vertige puis le noir.

Je me suis réveillée au petit matin, mes filles à mes côtés dans le lit. Je ne me souvenais même pas les avoir senties venir. Elles avaient été près de moi toutes la nuit. Je mis un moment à retrouver mes esprits.

Elles se réveillèrent quelques minutes après moi. Nous nous sommes regardées, silencieuses et interdites.

Nous nous sommes levées et, très lentement, avons rejoint Boulette qui bougeait un peu plus et continuait de gémir…

 

Aujourd’hui, trois jolis papillons ont gaiement investi la maison et je peux vous dire nous ne sommes pas au bout de nos ennuis…

 

Audrey Braguer (7 et 8 avril 2016)

Il s’agit d’une œuvre originale.

Toute reproduction, même partielle, est strictement interdite.

 

 

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Nouveau chevalier

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J’ai vu des choses que vous ne pourriez imaginer,

Plus d’horreur que vous ne sauriez en supporter :

Du sang recouvrant les parvis déchiquetés,

Du sable empestant la mort, des mers souillées.

*

J’ai entendu les cris des familles déchirées,

Souffert les mains tendues des orphelins mutilés.

J’ai lu dans leurs yeux la misère et le désespoir

Et la peur de demeurer à jamais dans le noir.

*

J’ai un pied dans un monde qui me glace d’effroi,

Un pied dans un autre que je ne comprends pas.

Ma vie vacille entre lumière et obscurité

Et je ne sais plus où est la réalité.

*

Très loin de moi le patriotisme ou la gloire,

Et vous aurez peut-être du mal à me croire :

« je suis un rêveur ! »

Je rêve d’une vie meilleure pour mes enfants,

Un monde débarrassé de tous ses « Méchants ».

*

Voilà pourquoi je continue de partir

Et de souffrir ne pas les voir grandir.

Je désire tant qu’ils puissent enfin goûter

À un monde où ils vivraient en sécurité.

*

Vous pensez peut-être que je suis un facho

Un asocial aux paroles crues, un rustaud.

Désolé, je n’ai pas le temps d’y mettre les formes

Il faut que je survive, peu m’importe les normes.

*

Dans mon cœur et ma tête, il fait rarement beau.

Le visage ravagé, la peau sur les os,

L’inhumanité, peu à peu, laisse sa trace.

Si vous me rejetez, elle prendra toute la place.

*

Sous mes paupières sont gravées trop d’abominations.

Offrez-moi s’il vous plaît un peu de compassion,

Des sourires sur lesquels je puisse m’endormir,

Pour oublier un instant tout ce qui fait souffrir.

*

Ne détestez pas les soldats par pitié

Mais détestez la guerre et ses atrocités

Et méfiez-vous surtout de ces illusionnistes

Qui font de nous, de vous, des pantins attentistes.

*

Oui ! Je suis un guerrier,

Un guerrier de la liberté !

*

 

Dodo (17- 26/03/206)

 

 

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Je suis un fantôme

Noyée

Je suis un fantôme lesté de brume, qui se noie

Dans les eaux gelées du grand lac de la solitude.

Seule, seule, seule, je me débats dans mes incertitudes

Et les passants sur la berge jamais ne me voient.

*

Maudite  par ce passé enchaîné à mes pieds,

Je coule et je coule jusques aux fonds de l’oubli.

Jusques aux fonds sombres, tristes et froids de l’oubli

Et mon âme flotte dans ces abîmes insensés.

*

Ici ne résonne qu’un silence chagrin

Et l’obscurité d’une nuit hantée de regrets.

Mon esprit y est condamné à divaguer

Sans jamais plus d’espoir de retrouver de matin.

*

Dodo (27- 28 septembre 2015)

 

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Une hirondelle fait mon printemps

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à Elisabeth

*

Pieds nus sur l’herbe, elle court à son aise

Vêtue d’un voile de fleurs, mon hirondelle,

Traçant un sillage de rires derrière elle

Et un chemin sucré de sucette à la fraise.

*

La bouche encore rosie de jus de framboises

Ecrasées menues, laissant paraître, amusantes,

De minuscules dents couleur d’amarante

Qui s’épanchent en mille risettes courtoises.

*

Le soleil coquin semble avoir abandonné

Quelques uns de ses rayons sur ses boucles fines ;

Ils réverbèrent sur sa peau douce d’hermine

En zébrures d’ambre et d’ivoire nacré.

*

Un petit oiseau libre a conquis mon jardin

Auréolant de bonheur mon cœur et ma vie

Et quand je le regarde s’envoler ainsi

Je sais que l’amour est au creux de mes mains.

*

Maman Dodo (27/09/15 – 08/02/16)

 

*

 

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