Treize ans

bijou coeur

Tu as bâti autour de toi un mur en filigrane de verre,

Un monde solitaire en ciselures de chair ;

Enfermée dans ta chambre, asile délétère

Où tu aimes retrouver tes océans de colère.

*

Figée dans la honte des changements de ton corps

Et dans celle de tout ce que ton esprit taraude,

Des rivières d’émois inondent tes deux émeraudes

Et la marque du poinçon de l’amer lancine ton cœur.

*

Accepte le long travail du temps lapidaire

Qui façonne les cailloux en joyaux à chérir.

Ton âme est un diamant brut qu’il faudrait polir,

Toi et Moi, unies, sommes capable de le faire.

*

«  La perle est sans valeur dans sa propre coquille ».

Sertis ton futur d’un courage adamantin,

Montre à la vie ce qui se cache dans ce pâle écrin ;

Ouvre la porte et aime-la… Tu es belle ma fille.

Dodo© (25 septembre)

src= »http://medias.occasion-du-mariage.com/Photos/87391143253900/occasion-du-mariage-1046232230.jpg »

 

Perdue dans la forêt…

forêt nuit

Réveillée plus par l’humidité sur ses épaules que les bruits animaux, elle ouvre difficilement les yeux puis s’assoit péniblement sur la couche de feuilles imbibée de rosée.

Un bras accoudé sur un genou et l’autre en béquille. Elle essaie de reprendre ses esprits. Où est-elle ? Que s’est-il passé ? Pourquoi se retrouve-t-elle ici ?

Les troncs des arbres filent droit vers le ciel. Au-dessus de leurs branches presque dénudées, le ciel est limpide et étoilé. La lune n’est pas visible mais la clarté de cette nuit montre sa pleine présence.

Une douleur vrille sa tête subitement. Par réflexe, elle pose sa main sur front et découvre qu’il est recouvert d’un liquide épais et poisseux. En y regardant bien sur sa main, la tâche brune lui laisse supposer qu’il s’agit de son sang. Elle a dû se cogner la tête en tombant et c’est certainement pour cela qu’elle a perdu connaissance.

Flash. Céline se voit en train de courir à travers un champ, puis des arbres, le cœur explosant dans la poitrine, la brûlure de l’air froid dans la gorge, la peur assaillant son esprit.

Elle a un frisson d’horreur. Les questions se bousculent dans sa tête mais elle se ressaisit vite car elle sait qu’elle est en danger. Elle réussit à se relever en s’aidant d’un tronc. Si seulement, il faisait jour, elle aurait un peu moins peur. Elle balaye d’un regard circulaire les alentours. Rien. Pourtant, elle sent des yeux sur elle, qui l’observent.

Dans quelle direction aller ? D’où vient-elle surtout ? Sa voiture ! Elle se souvient de l’avoir laissée au bord de la route. Perdue. Elle est perdue. Et elle ne se rappelle plus pourquoi elle est sortie, elle si prudente d’habitude, pourquoi a-t-elle pris peur et s’est enfuie vers la forêt au lieu de reprendre le volant ?

Elle voit quelques traces de pas dans la pénombre. Les siennes. Il faut rebrousser chemin. Mais prudemment car quelque chose lui dit qu’elle est en danger.

Deuxième flash. Céline voit des yeux jaunes la fixer froidement. Non, pas jaune, bleus – la vision est floue – des dents aussi et elles sont très blanches et pointues.

Elle entend un craquement à quelques mètres et son cœur se met à cogner fort, au bord de la rupture. Elle ne peut s’empêcher d’émettre un petit cri étouffé. La main sur sa bouche, elle se met à marcher rapidement tout en gardant un œil sur l’endroit du craquement. Deuxième bruit suspect : un froissement. Cette fois-ci, comme un vêtement qui caresse un arbre en le frôlant. Céline ne sait pas si ça vient d’elle ou non. La peur, ravageant son ventre puis sa tête, la fait se mettre à courir.

Les arbres défilent autour d’elle, ils se ressemblent tous. De grands hêtres accompagnent sa course folle vers une lumière humaine, n’importe laquelle ! Elle s’arrête un instant, à bout de souffle, pour se retourner. Rien derrière elle. Et pourtant, elle le sait, quelqu’un- ou quelque chose- la suit et lui veut du mal.

Elle manque bien des fois de tomber, ses pieds rencontrant des racines complices.

La forêt touche à sa fin et Céline aperçoit un grand champ derrière. Elle le reconnaît, c’est celui qu’elle a pris au départ. Un champ de blé.

Elle éprouve un semblant de soulagement, quand quelque chose agrippe son épaule. Elle hurle sans prendre le temps de se retourner et redouble de vitesse.

Eprouvée par la peur, elle est dans le champ quand elle reprend ses esprits. Le sien s’était envolé quelques instants, avec son cri, quelque part dans le ciel. Elle se retourne un instant et il lui semble voir une masse sombre, recourbée, la poursuivre et se déplacer à la même vitesse qu’elle.

Elle réoriente sa tête droit devant elle, l’image de la « bête » plantée dans tout son être.

On dirait un gros chien mais sa façon de se mouvoir est celle d’un singe.

Une lumière ! Au loin ! Non deux ! Ce sont les phares d’une voiture arrêtée.

Céline commence à pleurer. Elle espère que quelqu’un sera là et lance des appels  au secours. Pas de réponse. En se rapprochant, elle reconnaît le profil de cette voiture, c’est la sienne.

La portière du côté conducteur est ouverte et la loupiote intérieure de l’habitacle lui donne l’impression de ces petits éclairages dans les salles obscures où il est écrit « issue de secours ».

Un dernier effort à faire pour grimper le talus qui amène à la route et elle se retrouve dans sa voiture, elle ferme vite la porte et verrouille tout d’un clic centralisé.

Par chance, la clé est toujours sur le contacteur. Elle la tourne, la voiture broute.

– Non ! hurle-t-elle. Démarre !

Deuxième essai, la voiture se met à vibrer, elle ronronne, normalement. Céline se met à pleurer de plus belle. Elle appuie sur la pédale d’embrayage, enclenche la première et jette un dernier regard sur sa gauche, vers le champ. Rien. Pas une once de présence canine ou autre. Elle ne reste pas pour autant une seconde de plus et appuie sur l’accélérateur, créant un dérapage et une petite traînée noirâtre sur le bitume.

Elle éclate en sanglot tout en gardant les yeux sur la route, une sortie sur le bas-côté signerait sa fin. De temps en temps, elle jette un coup d’œil sur le rétroviseur pour vérifier que le monstre ne la poursuit pas.

Les champs disparaissent, Céline se calme. Elle se sent épuisée. Elle met la voiture en vitesse de croisière et prend le temps de regarder ses blessures.

Etrangement, elle n’a rien. Plus de coupure au front, ni sur les jambes. Il n’y a même pas de tâches sur sa jupe et son tee-shirt. Pas de boue sur ses chaussures non plus.

Céline commence à douter de l’existence de ce qu’elle vient de vivre. Elle prend soudain peur. Elle a certainement halluciné. Ce doute envahie son ventre, elle devient folle c’est ça ? Cette idée lui fait un effet terrible et elle se met à trembler. Et si elle se mettait à avoir ces visions tout le temps. Ce qu’elle a vécut… rêvé, avait été terrible et elle ne pourrait pas le supporter une deuxième fois. Son cœur non plus.

Elle a froid maintenant. Sa vision se trouble, il lui est difficile de garder l’œil sur la route.

Ses mains sont moites et leur tremblement les rend de plus en plus incontrôlables.

Elle pose ses yeux sur le rétroviseur et ce qu’elle y voit la glace instantanément.

Une masse informe et sombre est en train de la fixer de ses yeux : un œil jaune, l’autre bleu. Elle reste immobile un instant et puis ouvre agressivement sa gueule, laissant paraître de grandes dents pointues et blanches. Le cœur de Céline est sur le point d’exploser.

L’air n’entre plus dans sa gorge et sa poitrine.

Elle freine, ouvre la portière sur un grand champ de blé et se met à courir. Elle ne voit pas la hauteur du talus et tombe, le front claque sur un gros caillou. Elle se relève et continue de courir sans se rendre compte qu’un liquide chaud coule sur son arcade et sa joue…

Dodo©

(27 – 28 septembre 2015)

source de l’image = »http://arcus.a.r.pic.centerblog.net/o/4c0c7717.jpg »

 

Sophia

 fille et loup

 

Il était une fois une petite fille qui vivait en Russie avec sa mère et son père dans une petite maison en bois à la lisière d’une grande forêt. Elle s’appelait Sophia et avait huit ans.

Tous trois vivaient simplement, loin du village qui se trouvait à des kilomètres de là.

C’était un choix de son père qui au prix de nombreuses guerres menées dans l’armée pour le tsar, avait pris la décision de s’éloigner un peu de la civilisation.

Sophia était heureuse. Ses parents lui apprenaient beaucoup avec la patience de l’amour, et la choyaient.

 

Un jour d’octobre, des soldats vinrent chercher son père pour l’emmener aider au commandement de nouvelles troupes. Il n’eut pas le choix et ce fut les cœurs brisés que la famille dut encore se séparer. Les pas lancés dans la fine poudreuse naissante, son père promit à Sophia qu’il serait là pour Noël.

 

Sophia resta seule avec sa mère. La bonne femme faisait du mieux qu’elle pouvait pour maintenir la maison en état, apporter le souper quotidien. Elle se débrouillait bien mais le temps consacré à sa petite fille était infime et la besogne ne laissait guère de place aux sourires jadis omniprésents sur son visage.

Sophia s’ennuyait, son père lui manquait. Elle montrait bonne figure devant sa mère car elle ne voulait l’importuner mais c’était un fait, elle se laissait aller de plus en plus au vague à l’âme. Elle commençait même à maigrir et passait ses journées à errer, l’âme en peine, dans la forêt, à épier les animaux et ramasser des branches mortes.

Le soir, elle regardait par la petite fenêtre de sa chambrette. Elle scrutait le ciel à la recherche d’un signe et formulait alors le souhait de ne plus être seule et de trouver des compagnons.

 

Le réveillon approcha rapidement et son père ne revint pas. Sophia désespérait même de le revoir un jour. A minuit pile, sa mère alluma une petite bougie émettant le souhait que son mari soit en vie et en bonne santé, les larmes coulaient sur son visage. Sophia n’y tenait plus. Elle se retrouva à sa petite fenêtre et pleura à son tour. Elle ne s’était jamais sentie aussi seule et pensait qu’il devait en être pareil pour son père. A ce moment là, une étoile filante traversa le ciel et Sophia resta émerveillée. Elle émit alors le souhait que son père aille bien et rentre vite. Une deuxième passa sur la même trajectoire et elle n’en crut pas ses yeux. Elle formula alors le souhait qu’elle faisait déjà chaque soir depuis un long moment : celui de ne plus se sentir seule. Et elle s’endormit, le cœur un peu plus chaud, en rêvant de son père.

 

Le lendemain, jour de Noël, sa mère voulut qu’elles aillent à la messe. L’absence dura toute une partie de la journée. Au retour Sophia demanda à aller se promener un peu et sa mère lui ordonna de ne pas trop tarder car le jour s’en allait.

Dans la forêt, elle vaquait encore à ses occupations journalières tout en fredonnant un petit cantique qui lui avait plu durant la messe. Elle entendit alors une chose incroyable :

– Pssttt !

Elle s’arrêta net.

– Pssttt !

Elle chercha partout, tournant sur elle-même, leva les yeux au ciel, puis haussant les épaules et continua à avancer.

Soudain, un petit écureuil blanc se planta dans la neige, devant elle.

– Dis, tu es sourde ou quoi ?

Sophia poussa alors un cri et se mit à courir en direction de la maison. L’écureuil ne la suivit pas. Elle s’arrêta au bout de quelques secondes en repensant à son vœu. Peut-être avait-il finalement pris vie. Sophia se retourna, de toute façon pourquoi aurait-elle peur d’un écureuil, même causant ? Finalement la curiosité était plus forte et elle revint sur ses pas.

L’écureuil était toujours là, les bras sur la taille, l’air perplexe.

– Je m’appelle Frippo et toi ?

Sophia lui répondit d’une tout petite voix. Ils se demandèrent pourquoi ils arrivaient à communiquer mais ne s’attendirent à aucune réponse logique alors ils se mirent à converser comme de vieux amis. Sophia riait devant les pirouettes de son nouvel ami et lui racontait de petites blagues. Ils dévoilèrent chacun leur quotidien. Le temps passa très vite et Sophia se rendit compte que la nuit était tombée. Sa mère allait terriblement s’inquiéter. Frippo raccompagna la jeune fille qui lui expliqua l’absence de son père.

Le petit écureuil se prit d’affection pour elle et lui promit de venir la voir tous les jours. Ce soir là, Sophia se fit disputer par sa mère mais elle ne pleura pas et garda son secret. Elle alla se coucher l’air joyeux et pensait déjà au lendemain.

 

Chaque jour, Frippo revenait passer du temps avec la petite fille. De temps en temps, il amenait un ami à quatre pattes. C’est ainsi que Sophia connut Gabin le lapin blanc, Pipeau le blaireau, Huguette la chouette et son ami Gripou le Hibou.

Petit à petit, la forêt devenait sa deuxième maison et les animaux, sa deuxième famille. Ils lui demandaient de l’aide et elle s’exécutait volontiers. Une écharde à enlever, une boulette restée coincée dans la gorge… En échange, ils lui apportaient des fruits secs, des champignons, des tas de bois en cadeaux. Elle était si heureuse qu’elle en oubliait presque sa peine. Sa mère se posait même des questions sur sa santé mentale et lui consacrait plus de temps. A vrai dire c’était surtout ses sourires et sa bonne humeur qu’elle recherchait. Un bonheur communicatif.

Le temps passa et l’été arriva petit à petit avec son lot de journées plus douces.

 

Une nuit, Frippo cogna à sa fenêtre. Sophia, très surprise, sortit.

– Il faut que tu viennes avec moi ! Alpharon est blessé ! Vite !

Sophia ne comprenait rien. En plus, elle n’avait jamais entendu parler de cet Alpharon. Mais elle ne pouvait pas laisser l’ami de son ami sans aide. Elle suivit Frippo un long moment. Heureusement que la Lune était pleine et qu’elle pouvait y voir car ils s’enfoncèrent plus profondément dans la forêt.

Elle faillit fuir en voyant ce qui l’attendait. Une meute de loup se tenait devant elle, grognant, hurlant et lui criant de partir. Frippo se tint devant eux et leur dit qu’elle pourrait aider leur chef. Ils reculèrent alors, toujours sur leur garde pour la laisser passer.

Elle s’approcha et vit du sang sur les feuilles qui entourait la bête couchée sur le côté. Elle tremblait de tout son corps et ne savait pas quoi faire. Le loup la rassura ;

– Bonjour petite fille, n’aies pas peur, je ne les laisserais pas te toucher. Frippo m’a dit que tu comprenais le langage des animaux et que tu allais m’aider.

– Que s’est-il passé ? demanda-t-elle d’une voix chevrotante.

– Un chasseur…

Ces seuls mots suffisaient à Sophia pour comprendre. Le loup avait des plombs plantés sur le derrière et le flanc gauche. Elle passa la nuit à les lui ôter délicatement, heureusement qu’ils n’étaient pas entrés trop profondément. Le loup la laissa faire. Puis, restant allongé, la pria de partir car dorénavant elle ne pouvait plus rien pour lui, qu’il fallait laisser faire la nature.

Sophia s’éxécuta et rentra chez elle, subissant la punition la plus terrible ; elle n’avait plus le droit de retourner dans la forêt avant un long moment.

 

Durant de longs jours, elle attendit. Elle s’ennuyait de nouveau et se remit à maigrir ; pas de nouvelles de Frippo ni d’Alpharon. Les nouvelles de son père n’étaient pas bonnes non plus. Il avait été blessé lors d’un combat et restait introuvable. La guerre était pourtant finie mais personne ne savait où il pouvait se trouver, aucun corps n’avait été retrouvé.

 

Un soir, à la fenêtre le nez sur les étoiles, Sophia se laissa aller au désespoir et pleura à chaudes larmes. Sa mère ne pouvait pas la laisser si triste avec tout ce qu’elle subissait. Elle lui permit de retourner dans la forêt mais cela ne l’apaisa pas.

Son père n’était probablement plus et elle ne le supportait pas.

Ce même soir, de l’autre côté de la fenêtre apparut une ombre. Sophia faillit hurler reconnaissant une masse canine mais se mit la main sur la bouche et se ressaisit : c’était Alpharon. Il était vivant. Elle sortit, peu rassurée maintenant qu’il semblait en pleine forme.

Il la remercia et lui demanda ce qu’il pouvait faire pour la remercier.

Elle lui répondit que rien ne pourrait lui faire plaisir dorénavant car tout ce qu’elle souhaitait était le retour de son père, sain et sauf.

Elle lui raconta son départ pour la guerre, sa disparition. Le loup lui demanda la direction du lieu des batailles et Sophia lui indiqua une étoile que lui avait montrée sa mère un soir où elles discutaient au bord de la fenêtre.

– Je ne te promets rien petit fille, lui dit le loup. Mais je vais essayer d’avoir de ses nouvelles.

Sophia pleura et remercia le loup de la main qu’il lui tendait.

 

Le temps passa, Sophia n’allait plus dans la forêt. Frippo et ses amis avaient beau tenté de la faire sourire, de l’appeler. Elle restait dans sa chambre puis finit par tomber malade. L’hiver revint et Sophia s’affaiblissait. Elle continuait pourtant de regarder par la fenêtre le soir. Un nouveau Noël approchait et elle ne pouvait supporter l’idée qu’une étoile avait exaucé son vœu et pas l’autre. Elle ne pourrait pas passer un autre Noël sans son père.

Sa mère s’inquiétait beaucoup pour sa fille et avait tout arrêter pour rester auprès d’elle.

Sophia n’avait pas de nouvelles d’Alpharon et à vrai dire, pensait qu’elle n’en aurait jamais. Son père était mort, point final.

Au réveillon, c’est avec une forte fièvre que Sophia entendit frapper à la porte. Elle n’avait pas la force de se lever avec sa mère pour aller voir qui était là si tard.

De son petit lit, elle entendit sa mère pousser un long cri et pleurer, criant que ce n’était pas possible. Elle pensait que c’était l’annonce officielle de la mort de son père. Son cœur se mit à battre très fort dans sa toute petite poitrine. Mais quand la porte s’ouvrit, ce n’était pas sa mère qu’elle vit. C’était son père. Boitant, blessé, avec une longue barbe. Son père. Elle n’en crut pas ses yeux et se leva, se mit fébrilement debout sur ses jambes et se jeta dans ses bras pour pleurer.

 

Il leur raconta qu’il était seul et perdu dans une grande forêt. Il pensait qu’il allait mourir et s’était allongé quand un loup vint le renifler. Il eut très peur de se faire dévorer mais le loup le tira par la manche puis lui fit signe de le suivre. Il l’amena au premier village et disparut. Les villageois l’avaient recueilli à bout de force, l’avaient soigner et amener à leur tour au Tsar qui lui avait alors juré qu’il avait fait assez pour le pays et qu’il lui accordait une retraite bien méritée. Il ne partirait plus.

Toute la nuit, ils pleurèrent de joie. Sophia remercia l’étoile et Alpharon.

 

Le lendemain, comme par miracle elle retrouva très vite ses forces et voulut sortir malgré l’opposition de ses parents.

Ils l’accompagnèrent dehors et prirent peur. Des loups et autres animaux étaient devant la maison. La mère cria mais le père reconnaissant son sauveur la pria de se calmer.

Sophia s’approcha et caressa le loup qui se laissa faire.

– Merci ! chuchota-t-elle à son oreille.

Le loup ne répondit pas. Tous les animaux la saluèrent et partirent. Frippo resta un moment avec elle puis lui dit au revoir de la patte.

En ce jour de Noël, Sophia avait retrouvé son père et ne parlait plus aux animaux mais elle était heureuse.

Depuis, tous les jours elle retournait voir ses amis et continuait à les aider dans un silence joyeux partagé et vécut toute son enfance dans un foyer rempli d’amour.

 

Dodo ©

src= »http://fc03.deviantart.net/fs70/f/2013/037/c/2/wolf___girl_sketch_by_astonishingly-d5u3hs5.png » data-bm= »71″>

 

Levée du bon pied!

chaussure-de-faete

Un matin, la chaussure gauche et la chaussure droite d’une dame conversent en faisant les cent pas:

  • Ouh ! Je me sens pas très bien ce matin, on ne peut pas dire que ce soit le pied !
  • Oh oui dis-donc, tu n’as pas l’air dans ton assiette, je te trouve mauvaise mine.
  • Ah tu trouves aussi ? Je sens que je vais botter en touche aujourd’hui, me faire discret, si ça ne te dérange pas. Va pas falloir me casser les pieds !
  • Oh ! Oh ! Monsieur est de mauvaise humeur, je ne t’ai jamais vu ainsi. Tu t’es levé du pied gauche ce matin ? Tu as mal dormi cette nuit ?
  • Ah très drôle pour un pied droit ! J’aime bien, tu fais de l’esprit ! Par contre toi, tu es étrangement de bonne humeur ! A vrai dire tu n’es pas du tout comme d’habitude. Je te trouve bien pimpante aujourd’hui. Qu’est ce que tu me caches ? Tu vois une autre chaussure ?
  • Non, pas plus que cela. En fait je me sens bien, comme tous les jours. C’est toi qui es étrange en fait. Tu es bien terne et vieux jeu d’un coup. Je ne veux pas mettre les pieds dans le plat mais qu’est ce qui t’arrive ?
  • Bon assez, je trouve que cette conversation tourne en rond et je pense qu’on va changer de sujet si tu le veux bien parce que ça commence à m’énerver !
  • Oh là là ! Cette façon de couper l’herbe sous le pied, c’est agaçant ! Je ne te demande pas de me cirer les bottes mais tu pourrais faire un effort. Je ne te reconnais plus mais ne crois pas que je vais me laisser marcher sur les pieds ainsi !
  • Arrête de me parler alors, je ne vais pas faire des pieds et des mains pour faire plaisir à madaaaame et c’est tout! Je ne suis jamais d’humeur, comme tous les jours, tu devrais le savoir maintenant.
  • Jamais d’humeur ? C’est nouveau ça. Toi qui danses toute la journée ton bonheur d’avoir été enfin acheté ? Je ne sais plus sur quel pied danser moi, je jette l’éponge. Tu as raison, il vaut mieux rester muets pour aujourd’hui, cela ira peut-être mieux demain. (bouh, il est con comme ses pieds aujourd’hui !)
  • Comment ça d’avoir été acheté, cela fait une éternité que je suis utilisé, regarde comme je suis usé, je ne marche plus, je piétine. J’ai presque un pied dans la tombe. Toi par contre tu me sembles bien neuve, colorée, fraîche. Je sens que je ne t’arrive même à la cheville
  • Oh mon dieu tu as raison ! Il n’y a quelque chose qui ne va pas !

 

Un jeune homme s’approche de la dame et s’ose à lui dire :

« Je suis désolé madame de vous mettre au pied du mur, mais je crois que vous n’avez pas mis les deux mêmes chaussures aujourd’hui ».

Dodo ©

 

27 septembre – 3 octobre 2014