Dans la fleur de l’âge…

Rose-jaune-givree

 

Brillant d’un jaune iridescent défiant le soleil,

Elle était prête à déployer ses ailes en éveil.

Tel le papillon, elle savait, chétive chose,

Qu’après une période de métamorphose

Dans sa petite et solide coque de velours,

Elle allait voler sur le chemin des beaux jours.

 

Elle voulait simplement et orgueilleusement

Offrir un peu de beauté à ce monde ouragan,

Un peu de beauté et tous ses effluves charmants

Qui auraient enchanté toute âme l’approchant.

Oui, elle aurait porté des fragrances ardentes,

Aurait chavirer les têtes de bien des passantes.

 

Mais demoiselle ne savait pas le temps assassin

Qui fait fi des belles de jour et trancha son destin.

Il lui fit croire qu’elle était au cœur du printemps,

Puis lui asséna, en grand traître, un coup méchant :

La bise et le gel qui pétrifient les jardins,

L’aquilon qui fauche la vie sans aucun chagrin.

 

Elle fait aujourd’hui de la peine, la jeune rose,

À peine réveillée, en robe de corolle éclose.

Elle agonise, recouverte du givre qui la brûle

Peu à peu, et ses pétales dorés capitulent.

Dans un dernier effroi, petite fleur se fige,

Une larme d’amertume courant sa tige.

 

Dodo

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