Petite fille de pierre

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Petite fille de pierre, figée dans le temps par la peine

Tu pleures des larmes de cristal qui s’évaporent dans l’air sec de l’indifférence

Allongée sur l’herbe humide, tu ne sens pas le froid qui te gagne

tu ne sens plus rien d’ailleurs

La vie n’est qu’ombre sur la forêt de tes sentiments

On t’a appris à être une petite fille sage, sans colère ni passion

te laissant baigner dans la peur des nuits cauchemars

L’on s’étonne pourtant que tu gardes l’amour au creux de toi

juste pour toi. Egoïste !

Comment partager ce que l’on a si peu

comment partager l’unique rubis

caché tout au fond de son coffret palpitant.

*

Petite fille de pierre, figée dans l’espace par le doute

tu t’endors une fois de plus en te posant des questions

L’amour flotte autour de toi sans te toucher

parce que tu ne sais pas comment l’accueillir

Peut-être qu’un jour, tu réapprendras tout

Peut-être qu’un jour tu sauras que l’on t’aime aussi

pour de vrai

que l’on cassera cette couche de marbre gelé

que l’on te tendra la main pour t’aider à te relever

et que l’on te tournera la tête vers le soleil

juste pour que tu saches à quel point la lumière est douce

et simple à regarder

*

Petite fille de pierre, endors-toi

moi je t’aime

Ce rubis, je le partagerai avec toi

et je casserai cette couche de marbre…

 

  1. B. (27/092016)

 

Photo de statue d’ange au cimetière de Lakeview (Cleveland)

 

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Les liens du sans

oiseau et coeur

Dans leur mémoire, le nid est vide et froid

Et petits oisillons, orphelins d’amour,

Sont bien blottis les uns contre les autres

Pour se fabriquer un peu de chaleur.

*

Aujourd’hui, les oiseaux ont pris leur envol

Depuis longtemps, forcés de grandir vite

Pour combler ce vide, sinistre fardeau

Porté sur leur cœur meurtri par le manque.

*

Ils ont tracé, seuls, une feuille de route

En sens contraire de ce qu’ils connaissent,

De ce qu’on leur a appris par paresse,

Sachant l’amour à construire à l’instinct.

*

Ils rient leur vie en éclat de bonheur

Pour couvrir leur peine, marquée au fer rouge,

Ont roulé la douleur de l’indifférence

Dans la poussière des souvenirs gris.

*

Pour les oiselets qu’ils ont à leur tour,

Ils parsèment le ciel d’étoiles d’or

(Absentes dans le miroir de leur enfance)

Pour en savourer le reflet dans leurs yeux.

*

Ils rient leur vie en éclat de bonheur,

Bien blottis les uns contre les autres

Et sachant l’amour à construire à l’instinct,

Unis pour toujours par les liens du sans.

*

A.Braguer (28/08-07/09/16)

 

 

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