Abandonné(s)

Atmosphere at the front line on the second anniversary of the Syrian Revolution in Jdaydeh area, in Aleppo, Syria, on March 17, 2013. Photo by Ammar Abd Rabbo/ABACAPRESS.COM

Tu erres seul sur la ville, comme mort-vivant.

Il n’y a ni soleil, ni lune dans ton ciel

Et la vie a la couleur du feu et du sang

Sous le joug des bombes et des balles cruelles.

*

Un pied devant l’autre, tes yeux s’accrochent au sol

Pour ne voir ni les regards sombrer dans la folie,

Ni les pleurs et les cris qui, tout autour, s’étiolent

Dans l’air vicié de cette cité en sursis.

*

En les murs écroulés résonnent encore

Les rires et les histoires d’un autre temps ;

Des histoires avec le bon sens pour décor

Mais ici, plus rien n’a de sens depuis longtemps.

*

Le passé en berne, aucune main sur l’avenir.

Il n’y a que cet infect présent pour prison

Où la mort en maton, rôde sans se réjouir,

Désolée devant toute cette déraison.

*

Pour toi l’Abandonné, l’espoir passe son tour.

Alors dans tes rêves, à l’autre bout de la Terre,

Les enfants s’endorment sur des lits d’amour,

Lovés dans la chaleur d’un père et d’une mère.

*

Orphelin de guerre, orphelin du monde, tu attends.

Combien de temps encore, les missiles pleuvront

Avant que tu ne trouves la paix sous un linceul blanc ?

Et qui pleurera sur ta tombe, mon petit garçon ?

 

 

  1. Braguer (16 – 22/01/2017)

 

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L’homme de sable

Using Imageworks' proprietary Sandstorm software and their own lighting program, Katana, the final image is lit and sand particles are added to integrate the digital character into a photographic plate.

Il se croit roc, il est de sable

Fluide, éparpillé, malléable.

Il est enfant impressionnable

Dans un corps de géant, instable.

Il marche au gré de ses déserts,

Parsemant sa folie en grain

Sur le sol sec et délétère

Qu’il engendre sur son chemin.

Perdu dans cette immensité

Conviant sans cesse au virtuel,

Il se sent seul, abandonné

Et son être tari craquelle.

Les yeux ladres, levés sur un ciel

Pourvu de fantasques mirages,

Il a oublié l’essentiel

Et s’est caché dans une cage.

Il ne peut même plus pleurer

La solitude qui l’étreint ;

Ses larmes se sont asséchées

Quand il a souillé ses desseins.

Il pense savoir regarder

Mais il garde bien ses œillères,

Pour éviter de remarquer

Que son âme est déjà poussière.

A.Braguer (9 – 13 novembre 2016)

 

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Octobre s’en est enfui

automne-caresse

 

Octobre s’en est enfui

En dernier soupir de pluie

Invitant les chagrins à se taire

Dans mon pays imaginaire

*

Novembre ranime l’espoir

De lunes d’or dans mes nuits noires

Et de cris de joie dans le vent

Rendant l’automne plus pimpant

*

Ma poésie se fait couleur d’ambre

Jusqu’aux lentes heures de décembre

Et suspend les instants émigrants

Avant leur grand saut dans le néant

*

Octobre s’en est enfui

En dernier soupir de pluie

Echangeant larmes et tristesse

Contre la chaleur de tes caresses.

A. B. (03-04/11)

 

 

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Ecume de nuit

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Dans mes océans d’insomnies

Mon cœur dit vague

Mon esprit se déf-houle

Mes pensées s’écument de doutes

Et les rêves d’ouragans se remettent à flot

*

Je mets les voiles sur l’amer déchaîné

*

En songe, tu t’amarres à mon port

Ancres tes désirs au creux de mon être

Des lames de fond qui perturbent l’onde sage

La tête dans le vent qui tourne

Je ne sais plus qui est le maître à bord

*

Et j’écope ma peine dans le roulis de mes nuits

*

 

Audrey B.

 

 

 

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Les liens du sans

oiseau et coeur

Dans leur mémoire, le nid est vide et froid

Et petits oisillons, orphelins d’amour,

Sont bien blottis les uns contre les autres

Pour se fabriquer un peu de chaleur.

*

Aujourd’hui, les oiseaux ont pris leur envol

Depuis longtemps, forcés de grandir vite

Pour combler ce vide, sinistre fardeau

Porté sur leur cœur meurtri par le manque.

*

Ils ont tracé, seuls, une feuille de route

En sens contraire de ce qu’ils connaissent,

De ce qu’on leur a appris par paresse,

Sachant l’amour à construire à l’instinct.

*

Ils rient leur vie en éclat de bonheur

Pour couvrir leur peine, marquée au fer rouge,

Ont roulé la douleur de l’indifférence

Dans la poussière des souvenirs gris.

*

Pour les oiselets qu’ils ont à leur tour,

Ils parsèment le ciel d’étoiles d’or

(Absentes dans le miroir de leur enfance)

Pour en savourer le reflet dans leurs yeux.

*

Ils rient leur vie en éclat de bonheur,

Bien blottis les uns contre les autres

Et sachant l’amour à construire à l’instinct,

Unis pour toujours par les liens du sans.

*

A.Braguer (28/08-07/09/16)

 

 

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Nouveau chevalier

chevalier

 

J’ai vu des choses que vous ne pourriez imaginer,

Plus d’horreur que vous ne sauriez en supporter :

Du sang recouvrant les parvis déchiquetés,

Du sable empestant la mort, des mers souillées.

*

J’ai entendu les cris des familles déchirées,

Souffert les mains tendues des orphelins mutilés.

J’ai lu dans leurs yeux la misère et le désespoir

Et la peur de demeurer à jamais dans le noir.

*

J’ai un pied dans un monde qui me glace d’effroi,

Un pied dans un autre que je ne comprends pas.

Ma vie vacille entre lumière et obscurité

Et je ne sais plus où est la réalité.

*

Très loin de moi le patriotisme ou la gloire,

Et vous aurez peut-être du mal à me croire :

« je suis un rêveur ! »

Je rêve d’une vie meilleure pour mes enfants,

Un monde débarrassé de tous ses « Méchants ».

*

Voilà pourquoi je continue de partir

Et de souffrir ne pas les voir grandir.

Je désire tant qu’ils puissent enfin goûter

À un monde où ils vivraient en sécurité.

*

Vous pensez peut-être que je suis un facho

Un asocial aux paroles crues, un rustaud.

Désolé, je n’ai pas le temps d’y mettre les formes

Il faut que je survive, peu m’importe les normes.

*

Dans mon cœur et ma tête, il fait rarement beau.

Le visage ravagé, la peau sur les os,

L’inhumanité, peu à peu, laisse sa trace.

Si vous me rejetez, elle prendra toute la place.

*

Sous mes paupières sont gravées trop d’abominations.

Offrez-moi s’il vous plaît un peu de compassion,

Des sourires sur lesquels je puisse m’endormir,

Pour oublier un instant tout ce qui fait souffrir.

*

Ne détestez pas les soldats par pitié

Mais détestez la guerre et ses atrocités

Et méfiez-vous surtout de ces illusionnistes

Qui font de nous, de vous, des pantins attentistes.

*

Oui ! Je suis un guerrier,

Un guerrier de la liberté !

*

 

Dodo (17- 26/03/206)

 

 

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Je suis un fantôme

Noyée

Je suis un fantôme lesté de brume, qui se noie

Dans les eaux gelées du grand lac de la solitude.

Seule, seule, seule, je me débats dans mes incertitudes

Et les passants sur la berge jamais ne me voient.

*

Maudite  par ce passé enchaîné à mes pieds,

Je coule et je coule jusques aux fonds de l’oubli.

Jusques aux fonds sombres, tristes et froids de l’oubli

Et mon âme flotte dans ces abîmes insensés.

*

Ici ne résonne qu’un silence chagrin

Et l’obscurité d’une nuit hantée de regrets.

Mon esprit y est condamné à divaguer

Sans jamais plus d’espoir de retrouver de matin.

*

Dodo (27- 28 septembre 2015)

 

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Une hirondelle fait mon printemps

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à Elisabeth

*

Pieds nus sur l’herbe, elle court à son aise

Vêtue d’un voile de fleurs, mon hirondelle,

Traçant un sillage de rires derrière elle

Et un chemin sucré de sucette à la fraise.

*

La bouche encore rosie de jus de framboises

Ecrasées menues, laissant paraître, amusantes,

De minuscules dents couleur d’amarante

Qui s’épanchent en mille risettes courtoises.

*

Le soleil coquin semble avoir abandonné

Quelques uns de ses rayons sur ses boucles fines ;

Ils réverbèrent sur sa peau douce d’hermine

En zébrures d’ambre et d’ivoire nacré.

*

Un petit oiseau libre a conquis mon jardin

Auréolant de bonheur mon cœur et ma vie

Et quand je le regarde s’envoler ainsi

Je sais que l’amour est au creux de mes mains.

*

Maman Dodo (27/09/15 – 08/02/16)

 

*

 

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Je pleure encore…

Lion

La tristesse est atroce

Et nous avilit.

Quand les maux crient

Ils se montrent féroces.

*

Des mots acérés

Ont fendu la nuit

En chemin fortuit

Pour te transpercer.

*

Ils ont planté leurs griffes

Sur tes lèvres en sourires

Et t’ont fait souffrir

Mon chagrin plaintif.

*

Aujourd’hui, ton pardon

A posé sur mes paupières

Une caresse de mère…

L’amour est un don.

*

Mais je pleure encore, ma sœur

Mon étoile, mon phare

De ce coup de poignard

Que j’ai planté dans ton cœur.

*

Dodo (22/02/2016)

*

Peinture : Lion avant l’orage (Eric Lebègue)

*

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La semeuse

arbre à fleurs

à Kathryn…

Il n’y a pas eu de fées penchées sur ton berceau

Pour t’accorder dons et joie de vivre en cadeaux.

La valeur se cultive avec patience et calme,

Alors j’effleure les fins sillons de ton âme

Et …

J’y plante des graines de tendresse et d’amour

Pour que tu exploses de bonheur chaque jour.

J’ajoute des graines de force et de courage

Pour que tu puisses affronter tous les orages.

*

Je sème aussi les grains de la persévérance

Pour que toujours tu aies la foi de créer ta chance,

Ainsi que ceux de la détermination

Pour que tu tiennes bon dans tes décisions.

*

Enfin j’arrose le tout d’un brin de folie

Afin que toutes les injustices de la vie

Ne soient à tes yeux que pauvre géant d’argile

Contre lequel se battre parait plus facile.

*

Si j’ensemence ta terre de ses valeurs

Ma fille, ce n’est pas pour t’éviter le malheur

Mais pour que tu apprennes à te relever

Quand le destin te plonge dans l’obscurité.

*

Et que tu souhaites rester digne, humble et fière,

Le visage et l’esprit tournés vers la lumière.

Accepte d’être infime et unique à la fois

Et souris à l’univers qui réside en toi.

.

Dodo

Le 10/ 02/2016

 

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