A la dérive

Théodore Géricault
Théodore Géricault

 

Sur le radeau à la dérive

 

Mes lèvres sont des cristaux de sel immaculés.

Mon corps semble pétrifié par un froid médusant.

Les yeux fermés dans une conscience altérée,

Ma tête suit la valse inlassable des flots piquants.

 

Mes oreilles sont saturées de cris et de pleurs,

De prières levées vers un dôme foudroyant.

Seuls, nous sommes seuls et pendant que je me meurs,

Mon âme implore miséricorde au Tout Puissant.

 

Lucifer a envoyé ses démons d’écumes

Depuis les abysses d’un océan infernal,

Nous tirer dans un gouffre de leurs mains spectrales.

 

Sur ce radeau à la dérive, semblable aux limbes,

Nous attendons les saints aux têtes cerclées de nimbes ;

Qu’ils viennent nous délivrer du mal qui nous consume.

 

Dodo

 
(19 – 20 mars 2014)